Interview du groupe sur la tournée 2005
Rammstein - Globale Völkervereinigung
Rammstein - L'union des peuples.
A propos des fans et de leur enthousiasme
Oliver Riedel : "A Nîmes, c’était vraiment beau de jouer, car il y avait la même hystérie qu’on trouve seulement au Mexique ou au sud de l’Espagne. Maintenant c'est comme ça aussi en France, quand tu vas dans la ville tu vois des gens qui se dirigent vers la salle de concert ou des fans qui attendent en écoutant de la musique. Ça crée une atmosphère géniale, déjà avant le concert, l'atmosphère est déjà en train de bouillir avant le concert."
Christoph Schneider : Nîmes est une région de vacances, où on trouve tous ces vieux immeubles, un centre-ville très beau, et des touristes entre les deux. Soudain, il y avait ces milliers de fans de Rammstein, habillés en noir et avec un style particulier. Ça ne collait pas trop avec l’aspect idyllique du lieu."
Emmanuel Fialik (manager) : Il y avait tant de jeunes venus de toute la France. Mais j’ai vu aussi des drapeaux du Brésil, de la Croatie, et des drapeaux grecs et allemands. Il était clair que des gens de partout avait fait un pèlerinage vers le concert de Rammstein – voilà les meilleures conditions pour un concert génial.
Till Lindemann : Ce lieu était très particulier. Une arène à lions, ou une arène de gladiateurs, un amphithéâtre. Ça a l’air très ancien et ça me rappelle le Colysée à Rome – tout simplement fantastique ! Ça rend heureux. L’acoustique était assez particulière, parce qu’elle restait dans ce chaudron. Enfin, c’est ce que j’ai trouvé. Le public était fantastique, comme le public français l’est toujours. Normalement, je ne réalise pas tout ce qui se passe autour de moi – l’ambiance et tout ça – mais ce soir-là le concert celle était assez extraordinaire.
Paul Landers : Nîmes était vraiment un moment fort. En particulier parce que les gens étaient assis si haut dans les arènes, et étaient si proches de nous. Soudain, on voit tous ces gens – d’une certaine façon, ça semble condensé.
Des lieux de représentation et de leur effet
Richard : C’était le dernier concert au Danemark ou en Suède. Je suis arrivé de New York par avion et je suis allé directement à l’hôtel. Il avait plu toute la journée. Je suis presque allé directement sur scène. A un moment donné, le rideau tombe et on commence à jouer. Tout à coup, j’ai vu ce merveilleux port, que je n’avais pas du tout vu avant. J’ai oublié tout simplement que c’était à moi de jouer. Tout le groupe avait déjà commencé et je me suis dit merde. Au bout de vingt secondes, j’ai finalement continué.
Paul : A Stockholm, il y a une salle de concert géante (Stockhom Globender Verf). Nous avions toujours joué dans de petits clubs. En voyant ce grand hall illuminé au fond, j’ai eu du mal à le croire quand notre bus de transfert s’est arrêté devant. Nous nous étonnons souvent en nous demandant pourquoi 12 000 Suédois ou Finlandais veulent tout à coup voir Rammstein.
D’un show de Rammstein et du travail qu’il demande
Christof : Sur la dernière tournée, nous avons joué partout dans les plus grandes salles, avec une capacité de 10 000 personnes. Il y avait besoin d’un énorme travail pour être sûr que chacun verrait quelque chose, que les effets pyrotechniques, la lumière et la musique ne paraissent pas trop faibles, soient en harmonie, que tout soit réglé dans un bon timing, que l’on soit sûr que chaque élément ait sa place et que tout fonctionne ensemble. Nos shows demandent tout de même le travail de cent personnes chaque soir. Je regarde souvent le montage et le démontage, et je réalise alors le nombre de postes de travail qui dépendent d’un seul spectacle de deux heures.
Paul : C’est comme un cirque, une petite ville en voyage. Le maire est le directeur de la tournée. Il y a des conducteurs de poids lourds, des secrétaires, des riggers (ceux qui montent au plafond de la salle et accrochent les moteurs pour toute la technique), des techniciens pour la la lumière, le son, des régisseurs de plateau ainsi que des assistants qui s’occupent des loges. Dans l’ensemble, c’est tout.
D’un show de Rammstein et de sa mise en scène
Flake : Beaucoup de premiers concerts d’une nouvelle tournée sont cool, parce qu’on n’a pas vraiment intégré le déroulement et on ne sait pas encore quand se passe quoi. Normalement, on rencontre un autre musicien pendant le concert et ensemble on va jusqu’à un point défini. Pendant les premiers concerts, personne n’en sait encore rien et plein de trucs drôles et parfois embarrassants arrivent donc naturellement. On est là dans un coin et personne ne vient nous chercher, par exemple. Ou on est, tout à coup, dans le noir. Au début, j’ai roulé avec le Sedgway. A un moment, le groupe a dit : « Tu ne peux pas arrêter avec ça ? Tu as l’air de tondre la pelouse. Ça ne va pas du tout ». Je pensais faire quelque chose de bien, faisais mes aller retour, mais ils disaient que ce n’était pas possible et qu’il fallait que je pense à autre chose. J’ai demandé : « Que dois-je faire alors ? ». Réponse : "aller en marche arrière ". Alors, j’ai fait un bout en marche arrière et je me suis tourné, mais ça aussi c’était ridicule. Les premiers concerts sont les plus passionnants, quand on est un peu rôdés, tout devient plus routinier.
Till : Avant les premiers shows, j'ai un schéma dans la tête. La plupart du temps, nous avons des jours de répétition avant une nouvelle tournée. Alors, je me promène avec mes idées dans la tête, en me demandant si c'est possible ainsi. Je me rends compte pendant les cinq premiers concerts, de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Il y a aussi beaucoup d'incertitudes, dois-je rester sur place ou est-ce que ça casse le chant si je bouge, parce qu'éventuellement je pourrais ne plus arriver à respirer, et alors je ne pourrais plus chanter les voyelles jusqu'au bout. Tout doit être bien réfléchi. Après cinq à dix concerts, on a bien intégré tous les pas et la chorégraphie.
D'un show de Rammstein et de ses dangers
Flake : Plein de choses sur scène sont désagréables. C'est comme prendre une douche froide. D'abord, on ne veut pas, mais quand on l'a fait, après on se sent mieux. Dans la casserole, pendant "Mein Teil", il fait super chaud. En me levant, je me brûle toujours le bout des doigts sur le bord. Si je ne fais pas attention, Till me tire sur la figure avec le lance-flammes ou mes cheveux brûlent. Je peux glisser ou manquer la poignée en sortant et chuter, - plein de choses peuvent se passer. Quelquefois, les pyrotechniciens allument les fusées trop tôt et celles-ci s'élancent sur mon visage. Tout ça, c'est déjà arrivé.
Till : Je n'aime pas quand je suis regardé. Je ne cherche pas de contact visuel avec le premier rang. La plupart du temps, je regarde vers l'homme à la table de mixage. Bien sûr, quand ça se produit pendant la chanson, je cherche quand même ce dialogue riche en gestes avec les fans. Le canot pneumatique produit un très bon effet. Ça met de bonne humeur et, pour nous, c'est un moment de détente, plus personne ne regarde le groupe sur la scène. Avant, c'était Flake le capitaine. Celui-là, le public l'a souvent porté jusqu'au fin fond de la salle où il est tombé par terre et s'est fait des bleus. Quand il est revenu, il a braillé comme une poule.
"Völkerball" démontre de façon extrême que Rammstein est le groupe qui représente l'Allemagne et ce, même si on ne peut qu'être d'accord avec la phrase de Christoph Schneider à la production de "Reise Reise" : "Ce n'est que de la musique"