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Objectif 2007 ( interview de Paul Landers)

Interview de Paul Landers réalisée par Nathalie Genet, le 22 décembre 2005 pour Rock Mag n°63 Février 2006

Objectif 2007

En pause depuis la mise en bacs de Rosenrot le 28 octobre, Rammstein a accepté de sortir de sa réserve pour Rock Mag. Et, à en croire Paul Landers, cette trêve est surtout annonciatrice d’une grosse tempête avec un futur 6è album qu’il espère plus dur encore.

RM : On ne devrait pas entendre parler de vous avant plusieurs mois, mais vous êtes-vous d’ores et déjà fixés des projets pour la suite ?
Paul Landers :
Tout d’abord, nous voulons faire un nouvel album qui renoue avec un son plus dur. On commencera à le composer et à l’écrire cette année après la pause, et même pendant, puisque ce qu’on a décidé n’est une interruption qu’en termes de concerts et d’obligations extérieures… L’avantage de nos « vacances » actuelles, c’est justement qu’on peut s’y atteler quand on veut ! Ensuite, on voudrait faire une tournée des stades. Et aussi aller dans des pays où l’on a encore jamais joué à cause de nos coûts de production : 103 000 euros pour notre dernière tournée. Avec de telles dépenses, certaines dates à l’étranger ne seraient pas rentables. Nous essaierons de réduire nos frais pour tourner dans de plus petits pays comme la Grèce, la Turquie, l’Irlande. Mais si cela doit de faire, ce ne sera pas cette année. Il n’y aura probablement pas de tournée en 2006.

Vous faites quoi en ce moment ?
Paul :
Nous sommes en vacances en famille, enfin ceux qui ont une famille… Tout est enfin terminé pour nous en ce qui concerne Rosenrot. Les clips aussi. Mais il est possible qu’on en tourne encore un dernier, pour la ballade « Stirb nicht vor Mir », peut-être qu’on y verra Till et Madame Spiteri (Sharleen Spiteri de Texas) qui a participé à ce morceau. Je ne sais pas quand… Mais pour le moment, en France, il y a déjà « Rosenrot » et « Benzin » à voir, non ? Et il y a aussi « Mann gegen Mann » qui devrait sortir en février. Sinon, en ce qui me concerne, je suis chez moi, à Berlin. Hier, je suis allé chercher chez notre fournisseur d’effets pyrotechniques une pleine caisse de feux d’artifices, pour le jour de l’an. Que des trucs non autorisés sans licence ! Et j’espère bien tirer les fusées les plus hautes qu’on ait jamais vues dans les rues pour la Saint-Sylvestre !

Et côté musique ?
Paul :
Des amis m’ont demandé de les aider à produire leur disque… Je m’occupe de ça en ce moment. J’essaie aussi d’enregistrer avec ma fille des chansons pour enfants, pour faire un cadeau de Noël à sa grand-mère. J’ai beaucoup de mal à ne rien faire. Ce que j’aimerais bien savoir, c’est comment ne rien faire et être satisfait malgré tout !

Et quels sont justement tes projets ou tes aspirations personnelles en tant que musicien ?
Paul :
Les projets que j’ai, je les réalise vraiment à 100% avec Rammstein. La seule chose que je puisse encore désirer, c’est que le groupe fasse un hit et soit n°1 des charts, partout. Tous les autres rêves que j’avais se sont déjà réalisés, et même au-delà de ce que j’avais espéré. Par exemple, j’aurais bien voulu jouer une fois dans ma vie dans une grande salle de concert à Berlin. Et aussi sauter dans un avion avec ma guitare dans ma valise, pour aller jouer loin quelque part. Et tout ça, je l’ai fait un paquet de fois avec Rammstein.

Te souviens-tu de ta première répétition avec Rammstein ?
Paul :
Oui, c’était dans un village, aux alentours de Schwerin, dans une cave. Nous avons expérimenté pendant des heures sur le même thème, qu’on trouvait vraiment pas mal. On était contents de faire du vacarme, tout simplement : on aspirait juste à quelque chose d’extrême. On n’aurait jamais imaginé que quelque chose d’aussi bon puisse ressortir de cette session dans la cave… A cette époque, pour nous aérer un peu la tête, nous sommes allés dans un café pas loin de là. Et juste pour déconner, nous avons écrit le texte de Rammstein tous ensemble. Ce texte est relativement dur dans le choix des paroles, mais on était pliés de rire en l’écrivant : c’était une stupide blague de gosses, on s’amusait. Et c’est le seul texte que nous ayons écrit tous ensemble. C’est devenu notre nom.

Et votre première tournée ?
Paul :
Au début, nous nous déplacions dans un bus et nous dormions dans de petits hôtels. Notre tour manager essayait toujours de réserver des hôtels avec une petite piscine intérieure. Après les concerts, la piscine restait ouverte exprès pour nous et on y amenait des filles pour faire la fête. C’était super marrant, sauf qu’après, la facture était souvent salée parce qu’on avait cassé des trucs…

Quelques mots pour terminer ?
Paul :
Déjà je tenais à remercier encore du fond du cœur les lecteurs de ROCKMAG et les auditeurs du MOUV’ qui nous ont élus au référendum. Je peux t’assurer qu’on ne s’épargnera aucun effort pour continuer à donner le meilleur de nous-même. La France représente quelque chose pour nous, et d’ailleurs, notre meilleur concert de l’année dernière, c’était Bercy. C’était spécial, incroyable, encore mieux qu’à Nîmes. Personnellement, je suis toujours heureux de jouer en France. Déjà, on y mange très bien ! Ce que je préfère ce sont les « merguez » et la « crème brûlée ». En plus, quand on est en France, notre maison de disques nous invite toujours dans des restaurants très fins : on mange comme des goinfres, c’est super cher et c’est aux frais de la princesse ! Hier, à Berlin, je suis allé dans un restaurant français et j’ai commandé des merguez. C’était presque aussi bon qu’en France !
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MEISTERKLASSE :

Guitariste de Rammstein, avec Richard Z.Kruspe-Bernstein qui joue, lui, sur des grattes ESP, Paul Landers nous parle de son matos et de ses débuts dans la musique.

Quelle était ta première guitare ?
Paul :
Une Hagström, une guitare suédoise, que j’avais achetée d’occasion à un collègue musicien parce qu’à l’époque, en Allemagne de l’Est, ce n’était pas simple de trouver une guitare neuve.

Quel est le premier morceau que tu as appris à jouer ?
Paul :
Quand j’étais tout petit, j’ai suivi des cours de piano pendant un an. Mais ça ne me plaisait pas, car je devais jouer dans une cave très sombre. Je demandais toujours à ma copine de venir avec moi, mais ce n’était pas terrible malgré tout. Ensuite, j’ai pris des cours de clarinette. J’étais obligé de répéter tous les jours et, pendant que je faisais des gammes, je voyais par la fenêtre mes copains jouer au foot dehors. C’était vraiment cruel ! Alors j’ai arrêté la musique, je n’avais plus le cœur à ça… Et puis il y avait chez mon père une vieille guitare acoustique dans une armoire. Un jour, je l’ai sortie et j’ai commencé à gratouiller les cordes. Et ça m’a plu de jouer comme ça, spontanément, sans professeur, sans être obligé d’apprendre. Par la suite, avec une pince, un bout de téléphone et un morceau de câble, j’ai bricolé un truc pour créer un effet de distorsion… c’était ça mes premiers accords à la guitare. Et le premier morceau que j’ai joué, c’était une composition personnelle, pas de reprises.

Avec quelle guitare joues-tu à présent ?
Paul :
Une Gibson Les Paul, pendant la pause. J’ai aussi des Music Man, mais je préfère le son de la Gibson Les Paul.

Quels sont les guitaristes qui t’ont influencé ?
Paul :
Je trouvais très bon l’ancien guitariste de Pantera (Dimebag Darell). Et aussi James Hetfield, de Metallica. J’aime bien également le guitariste de Muse (Matthew Bellamy), et celui de Rage Against The Machine qui officie maintenant chez Audioslave (Tom Morello)

D’après toi, quel est le meilleur riff de tous les temps ?
Paul :
Enter Sandmann de Metallica.



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