Interviews de Flake et de Christoph Schneider
Interviews de Flake et de Christoph Schneider par Sebastien Baert dans Hard and Heavy de janvier 2005.
RAMMSTEIN.
LA FOLIE DES GRANDEURS
L’évènement de cet hiver sera sans conteste les quatre concerts (dont trois d’ores et déjà sold-out) que Rammstein va donner en France du 9 au 12 février prochain. Pour cette occasion, nous nous devions de vous offrir un avant-goût exclusif du spectaculaire show de la machine allemande.
LA GROSSE SUPRISE de la rentrée dernière fut Reise Reise, le dernier album en date de Rammstein. Résultat ? Un succès immédiat. A tel point que le disque pointe son nez en tête du top des ventes dans de nombreux pays, dont la France. A l’annonce de la tournée, et sachant qu’il nous faudrait attendre février 2005 pour voir le groupe ,jouer dans nos terres, nous avons décidé de nous rendre sur la deuxième date de la tournée européenne, à Anvers le 2 novembre dernier, et à Prague, un mois plus tard. Nous en avons profité pour nous entretenir avec Flake en Belgique, et avec Christoph Schneider en République Tchèque.
L'interview de Flake a été réalisée à Anvers le 2 novembre 2004 :
Vous avez donné plus d’une centaine d’interviews pour promouvoir Reise Reise. Y a-t-il quelque chose que tu voudrais dire et qu’on ne t’a pas encore demandé ?
Flake : Pas spécialement. D’ailleurs,je trouve que c’est très difficile de s’exprimer lors d’interviews. Je dis tout ce que j’ai à dire dans la musique. Je participe également aux textes, et les sujets que je souhaite aborder y figurent. Tout se trouve dans la musique, et je trouve débile de raconter ma vie autrement. Il m’est quasiment impossible de m’exprimer hormis à travers nos chansons. Le pire, pour moi, c’est d’expliquer les messages que nous véhiculons dans nos morceaux. Je pense qu’ils parlent d’eux-mêmes, il n’y a rien à ajouter. Chaque fois qu’on me demande pourquoi nous avons écrit une chanson comme « Amerika », j’ai l’impression de retourner à l’école : je ne sais plus quoi répondre !
Il y a un extrait de crash d’avion issu d’une boîte noire en « morceau caché » avant le premier titre de Reise Reise. S’agit-il d’un véritable enregistrement ?
Flake : Ah… Je pensais que nous l’avions retiré du master définitif ! il s’agit en effet d’un véritable enregistrement de boîte noire. Ça correspond à l’univers visuel de l’album et au thème principal, le voyage.
Ça a été facile de se procurer un tel enregistrement ?
Flake : Je suppose… nous ne nous en sommes pas occupé nous-mêmes. Nous avons proposé l’idée, et quelqu’un s’est ensuite chargé de dénicher l’objet. Ça n’a pas semblé être très dur à trouver. Au départ, nous voulions intercaler un extrait de la bande entre chaque morceau. Mais nous avons vite abandonné l’idée, c’était trop lourd.
Quel est le rapport entre le titre de la chanson « Dalaï Lama » et les paroles qui sont inspirées d’un poème de Goethe…
Flake : Le titre de ce morceau a été trouvé avant que les paroles ne soient écrites. Il se rapporte principalement à la musique, aux ambiances orientales. Lorsque nous avons fini d’écrire le texte, nous avons voulu changer le nom du morceau. Nous avons essayé « Fluganst » (« peur de prendre l’avion ») et « Air König » (un jeu de mots avec « Erl König » qui signifie « Le Roi des Aulnes », un poème de Goethe – ndlr), mais rien de tout ça ne convenait, nous avons donc conservé le titre original.
Allez-vous jouer « Moskau » à Moscou , Car le public russe a pu mal prendre que vous compariez cette ville à une prostituée…
Flake : Le fait de comparer une ville à une femme est une idée ancienne, elle ne vient pas de nous. Les russes nous aiment bien,je ne pense pas que cette chanson posera un problème, au contraire. Si elle contient une légère critique, c’est que Moscou est une ville dure et agressive. Elle est également très corrompue. Les gens n’hésitent pas à mettre un gyrophare sur leur voiture pour échapper aux embouteillages, alors que certaines ambulances doivent attendre… Je pense que nous n’allons jouer « Moskau » qu'à Moscou. Nous l’avons interprété hier, sur notre première date, mais nous ne sommes pas satisfaits.
« Ohne dich » est déjà le troisième single issu de Reise Reise, deux mois à peine après la sortie de l’album. Ce n’est pas un peu rapide ?
Flake : Nous avons suffisamment de bons titres pour pouvoir sortir un single toutes les deux semaines (rires) ! Ce n’est pas comme chez certains groupes qui font un disque avec uniquement deux bonnes chansons, le reste étant bon à jeter. En janvier prochain, il y a le nouveau single qui va sortir. Il s’agira probablement de « Los » (ce sera en fait « Keine Lust » en février-ndlr). Nous les sortons rapidement parce que nous comptons sortir notre prochain album avant la fin de l’année.
Vous donniez hier (le 1er novembre 2004) le premier concert de votre tournée, à Manheim, en Allemagne. Comment s’est-il déroulé ?
Flake : Pas mal de choses ont mal tourné (rires) ! Heureusement, nous avions tous convenu avant de jouer de ne pas nous prendre la tête après le show ! Et nous avons tenu parole : nous avons passé une agréable soirée malgré tous les petits pépins : des parties musicales ont été oubliées, le son n’était pas forcément aussi bon que prévu, des lights ont été dirigés au mauvais endroit…
A plusieurs moments, certains se sont retrouvés dans le noir alors qu’il devait y a voir une poursuite sur eux… Ce genre de choses ! Mais c’est normal lors d’une première.
Comment appréhendes-tu les nouveaux morceaux ?
Flake : Ça fait du bien de se renouveler ! Nous ne pouvons pas prévoir la réaction des gens concernant les nouveaux éléments du show, ça ajoute un peu de piquant. Ce n’est pas tous les jours que nous pouvons sortir de notre routine : dans deux semaines, nous serons totalement habitués aux nouveaux titres, et l’effet de nouveauté sera passé. C’est comme la naissance d’un enfant : tu es tout content d’avoir ton bébé, mais tu en as rapidement marre de te lever la nuit pour le biberon au bout de quelques jours (rires) !
Y a-t-il certains titres sur lesquels tu prends plus ton pied sur scène ?
Flake : Bien sûr. Mais ça change suivant les moments. Hier soir, j’étais tellement excité que je ne me suis pas posé la question. J’ai l’impression d’avoir tout foiré !
On a l’impression que les claviers sont moins présents sur
Reise Reise. Est-ce que ça te laisse plus de place sur scène pour faire autre chose ?
Flake : En fait, il y en a plus qu’avant ! Ils sont plus discrets mais omniprésents. J’en ai enregistrés encore plus, mais nous nous sommes rendus compte au mixage que beaucoup de passages ne s’avéraient pas nécessaires. Je préfère qu’il y ait moins de claviers et qu’ils oient mieux utilisés. Il me semble que c’est le cas sur cet album. Je suis pour une ligne claire et pure. Moins il y en a, mieux c’est.
Comment les parties orchestrales sont-elles interprétées sur scène ?
Flake : C’est moi qui lance les samples ou qui reproduit les nappes. Mais de manière simplifiée : je n’ai que dix doigts !
Comptez-vous faire évoluer votre set-list au fil des dates ?
Flake : nous allons faire pas mal d’essais sur nos premiers shows. Pour en
faire,nous allons beaucoup modifier la set-list. Vers le milieu de la tournée, elle devrait être plus ou moins figée. Mais rien ne nous empêche de changer un ou deux titres par soir,suivant les endroits où nous jouons. Ainsi, nous allons jouer « Moskau » à Moscou, et il y a des pays qui préfèrent tel ou tel classique.
JEANS, LE VICE
Vous avez joué la totalité de Reise Reise, hier. Souhaitez-vous faire comme sur la tournée Mutter durant laquelle vous avez joué la quasi-totalité de l’album ?
Flake : Tout à fait. Nous préférons jouer nos nouveaux morceaux à ceux que nous connaissons par cœur et qui finissent par nous user.
A part « Stripped » de Depeche Mode, comptez-vous inclure une autre reprise sur votre set ?
Flake : Non, mais nous avons songé à sortir un disque avec uniquement des reprises.
Chacun d'entre nous doit choisir deux titres, et les autres doivent accepter.
Une certaine tension régnait au sein du groupe pendant l’enregistrement de Mutter. Aviez-vous trouvé une solution pour Reise Reise ?
Flake : Nous avons résolu le problème en retirant toutes les obligations : nous n’étions plus tenus de nous présenter de telle heure à telle heure au studio. Pourtant, alors que nous n’y étions plus obligés, nous étions tous présents à chaque répétition, et ce pendant plus d’un an.
Rammstein est un groupe à part. cherchez-vous consciemment à être constamment différents ?
Flake : Tu sais, mon rêve est de me pointer sur scène en jeans et en T-shirt. Mais ce n'est pas ce qu'attendent les gens de Rammstein.Ça commence à me gaver tout ce maquillage,cette technique,ces scènes compliquées, etc.
Vous utilisez énormément de pyrotechnie. Y a-t-il des pays où la réglementation vous empêche de donner des shows complets ?
Flake : En Chine et au Japon, ils sont très à cheval à ce sujet. Nous ne pouvons même pas introduire notre matériel dans ces pays ! Mais ce n’est pas grave, Rammstein vaut quand même le coup sans feux d’artifice ! aux Etats-Unis, ce n’est pas facile partout. Chaque Etat possède sa propre réglementation. Comme il y a eu un terrible incendie durant les années 20 à Chicago, tu as un pompier qui te saute dessus dès que tu grattes une allumette dans la rue (rires) !
Existe-t-il un pays dans lequel vous n’êtes jamais allés où il vous plairait de jouer ?
Flake : J’aimerais beaucoup aller en Chine centrale. Nous avons déjà joué à Hong-Kong, mais ce n’est pas vraiment la Chine…
L'interview de Christoph a été réalisée à Prague le 4 décembre 2004 :
Le single « Ohne dich » qui vient de sortir contient un remix réalisé par Laibach. Quelles relations entretenez-vous avec ce groupe ?
Christoph : Nous avons été très surpris par cette version. Elle est vraiment excellente. Nous ne nous attendions pas à un tel remix. C’est d’ailleurs plus une reprise qu’un remix. Il y a une voix féminine inattendue et surprenante, dans le bon sens du terme. Pour moi, Laibach est un groupe majeur et qu’il se penche sur l’un de nos morceaux est un honneur.
Il y a tout de même une grosse controverse autour de Laibach…
Christoph : Oui, je sais. En mon for intérieur, je me suis toujours demandé comment ils pouvaient aller si loin dans la provocation. Les mecs utilisaient la symbolique officielle du troisième Reich, des symboles nazis, etc. ils jouaient énormément autour de ça et s'amusaient à semer la confusion. A force de m’interroger sur leurs intentions, je suis arrivé à la conclusion qu’ils pouvaient se permettre ce genre de choses parce qu’ils sont slovènes. Ils ont une approche intellectuelle différente de ceux qui ont vécu le drame du nazisme. Jamais un groupe allemand n’aurait pu adopter une telle attitude… à moins de se retrouver en prison (rires) ! Nous sommes très différents d’eux. Rammstein n’a jamais eu cette approche, même si l’on nous a souvent reproché certaines choses, à tort. Nous nous considérons comme un groupe de rock, pas comme des politiciens.
Nous avons un lien avec Laibach,mais uniquement au niveau du son, ça ne va pas plus loin. Nous n’avons jamais eu l'intention de provoquer en utilisant ce genre de symboles .
Les chansons « Ohne dich » et « Los » sont issues des sessions de Mutter. Y a-t-il d’autres morceaux de Reise Reise qui datent de cette époque ?
Christoph : Nous avions en effet enregistré ces deux morceaux pour Mutter, mais ils ne nous satisfaisaient pas. « Los » avait été initialement composé dans une version heavy très éloignée de l’esprit l'esprit country que nous lui avons donné dans Reise Reise." Moskau " est née pendant le processus créatif de Mutter. Nous lui avions donné un rythme jungle. Mais comme nous ne parvenions pas à lui coller des paroles, nous l’avions laissée de côté. Jusqu’à ce que nous arrivions à lui donner la touche Rammstein en la retravaillant pour Reise Reise.
Revenons à la tournée. Ça fait un mois que vous êtes sur la route. Comment ça se passe jusqu’à maintenant ?
Christoph : Tout va bien. Nous jouons dans des salles plus grandes que la dernière fois, et ce dans toute l’europe. C’est un grand pas en avant pour nous. Je pense que nous sommes désormais un véritable groupe européen. On nous connaît dans tous les pays du Vieux Continent. Je ne m’attendais pas à un tel développement du groupe. Je pensais que nous avions atteint un pic avec notre précédent disque, Mutter. C’est génial de voir que de plus en plus de gens s’intéressent à nous. Après tout, ce n’était pas gagné d’avance : nous chantons en allemand, et personne, hors de nos frontières, ne comprend un traître mot de ce que nous racontons !
Y a-t-il une date qui t’a particulièrement marqué jusqu’à aujourd’hui ?
Christoph : A vrai dire, c’est toujours spécial de jouer en Espagne ou au Portugal. Ça s’est encore justifié cette fois. ,Les concerts que nous avons donnés dans ces pays ont été magistraux. Dans le même ordre d’idée, les dates que nous avons données à Saint-Petersbourg et à Moscou resteront longtemps dans nos mémoires. Mais, désormais, partout où nous jouons, il y a énormément de monde et le public est fantastique. C’est la première fois que nous avons l’impression d’être un gros groupe de rock (rires) !
Comment perçois-tu les nouvelles chansons en live ?
Christoph : Elles sont très différentes à jouer. Elles n’on plus pour ainsi dire l'énergie catchy que possédaient nos plus vieux titres. Nous avons donné leur chance à tous les nouveaux morceaux en les jouant au moins une fois en live. Mais nous avons décidé de ne plus toutes les jouer car les fans de Rammstein veulent aussi entendre leurs classiques.
Personnellement, sur quel titre t’éclates-tu le plus sur scène ?
Christoph : J’adore jouer « Dalaï Lama », mais elle ne fait plus partie du set (rires)
Après avoir joué « Moskau » sur la première date, vous avez mis ce titre de côté avant de finalement le réintégrer. Est-ce parce que c’est un morceau difficile à jouer ?
Christoph : C’est en fait un morceau dont l’impact live est largement supérieur à ce qu’on attendait. Nous pensions que ce titre était un peu faiblard, trop pop. Mais le public adore cette chanson, et nous aussi ! Nous l’avons donc réintégrée à notre set. Nous l’avons jouée à Moscou, et l’accueil a été formidable, comme prévu. Tous les journalistes que nous avons rencontrés là-bas ont été déçus que nous ne la sortions pas en single…
Ça fait un moment que vous jouez « Stripped » en live. Vous n’avez pas envie de tenter une autre reprise ?
Christoph : Oh, je ne suis pas un gros fan des reprises. Celle de Depeche Mode me suffit amplement. C’est comme si elle faisait partie intégrante de notre répertoire. Sur la dernière tournée, nous avions pris l’habitude de proposer un bœuf avec notre groupe de première partie, mais cette fois, ce n’est pas le cas.
GUERRE FROIDE
On a beaucoup parlé des tensions au sein de Rammstein. Quelle est votre méthode pour que tout se passe bien sur cette tournée ?
Christoph : Comme tu as pu t’en rendre compte, nous avons chacun notre pièce dans les backstages ! En fait, nous essayons tous de ne pas empiéter sur le territoire des autres, et nous accordons beaucoup de place aux libertés de chacun. Nous faisons tout pour être le plus à l’aise possible. Ça se traduit par beaucoup de jours off et par le minimum de contraintes. Et puis, au final, nous nous aimons bien, ce n’est quand même pas la guerre entre nous !
Vous disposez d’un break pendant tout le mois de janvier. Est-ce pour prendre du repos ou pour bosser ?
Christoph : Ce n’était pas prévu comme ça à la base. Nous étions censés partir au Japon à ce moment-là, mais nous y avons renoncé car le disques est sorti plus tard, et nous n’y sommes pas si célèbres qu’en Europe. Ça aurait coûté trop cher de partir là-bas pour jouer dans des petites salles, pas forcément pleines, en emportant tout notre staff et notre matériel. Finalement, nous allons passer un mois tranquille, en famille, ce qui ne fait jamais de mal ! ah, j’oubliais, nous allons également profiter de ce temps mort pour enregistrer la vidéo de notre quatrième single, « Keine Lust ».
Dans trois jours, vous entamez la tournée allemande. Est-ce que ça représente quelque chose pour vous ?
Christoph : Pas forcément… Le public allemand n’est pas le plus passionnant (rires) !Ça fait un moment que nous n’avons pas joué chez nous et nous verrons bien ce que ça donne. Ce qui est intéressant, en Allemagne, c’est que nous pouvons aisément communiquer avec le public vu que nous parlons la même langue.
Il y a énormément de pyrotechnie et de lights sur cette tournée. Malgré les dépenses que ça occasionne, parvenez-vous tout de même à rentrer dans vos frais, voire à gagner de l’argent ?
Christoph : Pas autant que nous l’espérions, mais nous arrivons à payer tout le monde. Dans notre budget prévisionnel, il était prévu de gagner nettement plus d’argent ! Mais chaque set coûte énormément, que ce soit en matériel ou en salaires. Tant pis. Nous ne voulons pas alléger les coûts, nous voulons que chaque concert de Rammstein soit exceptionnel. Nous nous rattraperons bien sur les ventes de disques(rires) ! Je plaisante, mais heureusement que la plupart des concerts de cette tournée sont complets ! sérieusement, nous souhaitons vraiment travailler sur le design de la scène, bosser le nouveau light-show… Nous sommes et désirons rester un groupe spectaculaire. Le résultat est vraiment impressionnant, et je suis content de pouvoir proposer un tel show aus personnes qui viennent nous voir.
Vos albums prennent de plus en plus une teinte organique, et, à l’inverse, vos shows sont de plus en plus démesurés…
Christoph : C’est vrai. Nos albums sonnent de plus en plus live,humains… Reise
Reise est sans doute le disque qui nous a transformé en vrai groupe de rock. Mais sur scène, nous avons pris une direction totalement opposée. La scène est gigantesque, nous sommes tous loin les uns des autres… nous nous sentons un peu comme des machines : nous ne nous voyons pas, nous sommes chacun dans notre coin… J’aurais préféré une plus grande intimité entre nous ainsi qu’avec le public. Au début de la tournée, nous avions du mal à jouer sur cette scène. Nous étions un peu perdus. Mais c’est en train de s’améliorer, nous sommes désormais capables de gérer l’espace un peu mieux…
Flake nous a révélé que son rêve consistait à jouer en jeans et en T-shirt…
Christoph : Ouais, et bien, il n’ a qu’à changer de groupe, il pourra s’habiller comme il le souhaite… Rammstein n'est pas un groupe de garage. Il y a tellement de monde autour de nous qui s’occupe de monter un show correct chaque soir que nous nous devons de les respecter en donnant le meilleur concert possible.
ALLER/RETOUR
En février, en France, il est possible que ce soit Apocalyptica qui ouvre pour vous..
Christoph : C’est encore en discussion. Rien n’est signé pour le moment. J’aimerais bien que ce soit le cas, nous aimons particulièrement ce groupe. Ce serait parfait pour nous. Ce n’est pas facile pour nous de trouver des groupes de première partie. En effet, pour eux, ça revient vite très cher. Le transport et l’hébergement sur une longue tournée, ce n’est pas donné. J’espère juste que ça va être possible. Ils ont une approche de la musique qui nous correspond et nous les connaissons bien depuis un moment.
Ils ont d’ailleurs repris « Seemann » avec Nina Hagen l’an dernier…
Christoph : Tout à fait. C’est un groupe atypique. S’ils ouvrent pour nous, nous pourrons jammer sur « Seemann », ce serait excellent (rires) !
A quel point vous investissez-vous dans le choix des groupes de première partie ?
Christoph : A 100% ! Nous étudions toutes les propositions et écoutons tous les disques que nous recevons dans cette optique. Nous essayons chaque fois de trouver des groupes qui nous correspondent. Ensuite, c’est une question réglée entre les différents managements, et c’est souvent une histoire de gros sous. Si les labels sont d’accord pour lâcher suffisamment d’argent pour payer tous les frais de tournée de leurs poulains, c’est une affaire qui roule.
Il y a déjà quelques rumeurs concernant votre avenir. On parle d’un album de reprises…
Christoph : Ce n’est pas tout à fait ça. Nous projetons de sortir un nouvel album très prochainement car nous avons enregistré trop de morceaux pour Reise Reise. Ce sera un véritable nouvel album de Rammstein, mais il se peut qu’il contienne quelques reprises.
S’appellera-t-il Reise Reise II ?
Christoph : Peut-être. Ou Reise weiter (« voyage encore »)
Tu sais quand il sortira ?
Christoph : Oui, nous avons une idée de sa date de sortie, mais rien n’est définitif. Et tant que ce ne sera pas le cas, je ne veux pas troubler l’esprit des gens avec des dates qui changent. Nous l’annoncerons le moment venu.
Une autre rumeur : vous êtes supposés filmer les trois concerts que vous allez donner au vélodrome de Berlin pour un DVD…
Christoph : Nous y pensons, en effet… Mais, une fois encore, rien n’est certain pour le moment. Nous avions tout d’abord pensé enregistrer le show de Paris en février, mais il se peut que nous ne puissions pas utiliser toute notre pyrotechnie.
Pourquoi ?
Christoph : Jouer à paris est très difficile. La municipalité est très exigeante en termes de sécurité. Nous avons déjà connu pas mal de problèmes la dernière fois lorsque nous avons joué au Zénith. Nous n’avons pas pu tout utiliser. Naturellement, s’il y a un risque de ne pas pouvoir utiliser toute la pyro prévue, nous n’allons pas enregistrer un DVD dans ces conditions. Désormais, nous pensons reporter notre choix sur Berlin, en effet,. Ou sur un festival, plus tard, au printemps.
Il est donc probable que le show de Paris soit allégé ?
Christoph : Tout n’est pas encore finalisé, il y a encore une chance que nous puissions trouver un accord avec la ville de Paris. Nous avons des gens qui s’occupent de ce genre de soucis pour nous.
Et pour les autres villes, en France, qu’en est-il ?
Christoph : Je pense qu’il n’y aura pas de problèmes. Paris est connue pour sa réglementation drastique.
Pour terminer, as-tu entendu quelques morceaux du nouveau projet solo de Richard Kruspe, Emigrate ?
Christoph : Non. Ça ne m’intérese pas plus que ça. Apparemment, ça ressemble à du
Rammstein, je ne vois pas trop l’intérêt. Mais ça a l’air important pour lui et de lui tenir à cœur…
Ça ne te dit pas de monter un projet solo ?
Christoph : Pas vraiment. Tant que Rammstein existera, je n’en verrai pas l’intérêt. Ce groupe représente tout pour moi. Je n’ai aucun désir de me lancer dans un autre projet.