Rammstein Haus - Fansite Rammstein
 

Chronique de l'album Rosenrot

Chronique de Rosenrot par Guillaume B. Decherf dans Hard rock n°1 décembre 2005

CHRONIQUE DU MOIS


Tel le supplice du pal, ce nouveau Rammstein, composé en grande partie de chutes de Reise Reise commence bien et finit mal. A vrai dire, le dérapage se produit déjà à mi course lors de « Stirb nicht vor mir », duo anglo-germain avec Sharleen Spiteri de Texas au son très léché. Quelques arpèges, quelques loops de synthé et le tour est joué. Duo dont le groupe taisait l’existence lors de leur venue promo, expliquant juste qu’il y aurait deux extras rajoutés aux neuf titres que nous avions alors écoutés. Voilà pour le premier qui est loin de l’être [extra !]. C’est du calibre du team Glenn Medeiros/Elsa dont nos lecteurs les plus trentenaires se souviennent encore avec effroi. Quant à Till, s’il a apprécié la séance de sérénade avec la piquante écossaise de Texas grand bien lui fasse. Mais du côté des bonnes nouvelles, car il y en a tout de même, le quatuor d’entrée est particulièrement efficace. « Benzin », tout d’abord, déjà joué cet été, mélange metal-electro aux réminiscences Prodigy, période Firestarter. « Mann gegen Mann » ensuite, très hard teuton, très version 2005 du « Balls to the Wall » d’Accept, mais néanmoins efficace. Puis « Rosenrot », le titre éponyme,épique et dramatique, avec son refrain mémorisable en une écoute et ses pointes de cuivres samplées brodant autour. Puis arrive « Spring » et son intro où l’anxiété va crescendo. Normal, le texte parle d’un mec prêt à sauter d’un pont, mais toujours avec ces doux tintements de clavier sur le refrain. Rammstein a décidément l’art du décalage entre texte et musique. Plus tard arrive le beau « Wo bist du » (où es-tu ?), chanson d’amour où l’on sent vraiment l’émotion poindre sur un refrain tout simple. Vient ensuite le trépidant « Zerstören » (détruire) où l’on croit entendre persifler le Malin derrière la voix de Till et les sirènes hurlant dans le lointain. Après on attaque le pénible « Te quiero puta », grosse farce avec mariachis qui sent le Mexique de pacotille. Ça sonne comme du mauvais Calexico pour ceux qui connaissent et la blague lasse vite. Suivra l’anecdotique « Feuer un Wasser » saucissonné entre le poussif « Hilf mir » qui jamais ne décolle et le guimauve « Ein Lied ». Bref,un final indigent, et l’on se dit que Rammstein eût pu se limiter à un sept titres qu’on aurait rien trouver à redire. Mieux, on aurait applaudi des deux mains. Le groupe adepte du « battons le fer (et rackettons le fan) tant qu’il est chaud (bouillant ?) » a préféré relever les compteurs plein pot afin d’être présent sous les sapins de Noël. Ah, la pochette d’une froideur morbide est excellente ! Mais faute de tournée pour tester les bons crus de Rosenrot, heureusement que l’on disposera bientôt du DVD enregistré en juillet aux arènes de Nîmes. D’un tout autre niveau. 6/10

Retour vers le haut de page
Rammstein Haus - Tous droits reservés