Chronique de Reise Reise
Chronique de Reise Reise dans Hard Rock d'octobre 2004 qui y avait consacré toute une page spéciale dans "breaking news "
Reise,Reise enfin dans les bacs !
Oh,la belle surprise! En ce dernier soir de bouclage, voici qu'arrive sur notre bureau le nouvel album de Rammstein : Reise Reise.
Aussitôt, le branle bas de combat est levé à la rédaction de Hard-Rock. Il faut bien avouer que désormais, chaque album du groupe allemand est attendu comme le messie et reçu comme tel. Sans nous faire passer pour les Rois mages, nous avons accueilli et écouté cet album avec toute l'attention qui lui est due.
Au bout de plusieurs écoutes, le verdict est sans appel : avec Reise Reise,Rammstein signe là l'un de ses meilleurs albums, si ce n'est le meilleur. Malgré le succès sans précédent de Mutter, les Allemands ne se sont pas endormis sur leurs lauriers ni sur leurs acquis et ont su parfaitement évoluer,suivant une logique entamée sur leur premier album, Herzeleid, et suivie jusqu'à Mutter. En fait, on peut avancer sans trop se tromper que Reise Reise est le lien parfait entre tous ses albums : la brutalité de Herzeleid,le côté sombre de Sehnsucht et les chaudes symphonies de Mutter.
D'ailleurs, l'ouverture de "Reise Reise" fait immanquablement penser à "Mein Herz brennt" alors que le reste du titre, soutenu par des guitares plombées, donne dans une espèce de metal martial atmosphérique de fort bon aloi. Effet garanti, premier titre, première tuerie.
S'ensuit le single "Mein Teil", véritable bombe de violence. Ce morceau nous renvoie directement neuf ans en arrière, à l'époque de Herzeleid. Rarement le groupe a été aussi brutal. La voix de Till Lindemann se fait d'abord rampante et angoissante sur le chorus avant d'exploser tout en puissance sur le refrain. L'histoire du cannibalisme traitée ici prend toute son ampleur et son sens. Angoissant, le titre l'est assurément, mais on tient aussi un futur classique tant le refrain semble être taillé pour être repris en choeur par le public lors des prochains concerts. Deux titres et déjà deux ambiances différentes.
"Dalai Lama", de par l'utilisation de ses claviers et de ses guitares sourdes, plonge l'auditeur dans une autre dimension où des voix célestes lui indiquent le chemin à suivre.
Depuis ses débuts, Rammstein a toujours déclenché la polémique et ce n'est certainement pas "Amerika" qui va remettre les choses en place. Le groupe a beau clamer qu'il n'a absolument rien contre les Etats-Unis, les textes de "Amerika" (mélangeant pour la première fois langue allemande et anglaise) sont assez ironiques et chargées de sens pour qu'on ne le croie qu'à moitié ("Nous vivons tous en Amérique/le Coca-Cola,c'est fantastique").
"Moskau" fait directement suite à "Amerika". Amusant n'est-il pas ? Surtout si l'on ajoute que ce titre voit la formation mélanger cette fois-ci l'allemand au russe. Alors que le refrain d'"Amerika" est chanté en anglais, celui de "Moskau" est déclamé dans la langue de Dostoïevski,
retranscrivant ainsi un feeling scandinave fort bienvenu dans ce titre à l'ambiance glaciale.
Rammstein achève son tour du monde avec "Amour", tout en ambiances quasi trip-hop et guitares martiales à souhaits.
En fait, Reise Reise est un paradoxe à part entière car il est à la fois le disque le plus universel du groupe tout en étant le plus "allemand". Une véritable invitation à l'universalité.