Rammstein Haus - Fansite Rammstein
 

Concerts de Berlin et de Nîmes 2005


Article sur les concerts donnés à Berlin du 23 au 26 juin et à Nîmes le 23 juillet 2005,écrit par Thomas Mafrouche pour Rock mag n°57 septembre 2005




LIVE AUS NIMES


Tout le monde est d'accord sur une chose : les tournées de Rammstein sont toujours dantesques. Malheureusement,il faut à chaque fois attendre plusieurs années pour voir le groupe revenir dans un même pays, armé pour l'occasion d'un nouvel album. 2005 fait exception, notamment grâce à la sortie prochaine et si rapide de Reise Reise (vol.2) qui devrait arriver à l'automne. Cette fois, le groupe s'est organisé deux immenses tournées consécutives, pour ensuite savourer un repos bien mérité en octobre au moment de la sortie du prochain opus.

C'est dans ce contexte que nos Allemands bodybuildés étaient présents cet été dans quelques-uns des plus prestigieux festivals européens. On retiendra les performances au Werchter en Belgique, au Paléo en Suisse ainsi qu'aux Giants Of Rock au Danemark en compagnie de Slayer, tout cela avant de s'envoler jusqu'en Asie où plusieurs dates les attendent. En Corée, le 10, et au Japon pour le Summer Sonic Festival les 13 et 14 août. Mais pour les fans, deux objectifs étaient clairement prioritaires. Tout d'abord l'incroyable quarté de Berlin, où le groupe réussit à remplir 4 soirs consécutifs, du 23 au 26 juin, l'immense stade Wuhlheide. A domicile, les pyromanes sont considérés comme des dieux vivants et la performance fut exceptionnelle, offrant une qualité de son sans précédent et la totale des effets spéciaux. Mais le grand moment du show berlinois fut surtout la révélation inattendue sur scène de "Benzin" ,premier single percutant tiré de Reise Reise (vol.2). L'autre évènement, à la fois pour le groupe et pour les fans, était ce tant attendu concert de Nîmes. Non seulement parce que l'arène construite depuis des siècles a de tout temps accueilli des spectacles d'une rare puissance, mais également parce que le tournage du DVD officiel, qui aurait dû se faire à Paris mais cela n'a pas pu avoir lieu à cause des problèmes techniques, doit y être capté. Des légions entières venues d'Allemagne avaient donc fait le déplacement pour assister à la mise à mort de la fosse. Ce soir Rammstein n'a pas le droit à l'erreur...

Prelude to destruction

Soucieux d'être présent dès les premières notes et afin d'obtenir la meilleure vue possible sur les musiciens, le gros du public s'était donc tout logiquement précipité aux portes des arènes dès le milieu de la journée. Le temps d'un après-midi, Nîmes s'est métamorphosé en avant-poste du métal industiel allemand, de nombreux crêteux couverts de clous déambulaient dans les petites rues pavées sous le regard amusé de la population locale. A 19 h,les grilles se lèvent pour laisser la foule prendre place. Une fois à l'intérieur, on est tout d'abord abasourdi par le lieu exceptionnel. On se croirait revenu à la Rome antique pour assister à un violent combat de gladiateurs. Ce qui est finalement pas loin de ce à quoi nous avons pu assister pendant près d'une heure. En effet, les organisateurs avaient bizarrement choisi DJ Torgull pour assurer la première partie. Etrange, surtout que le set technoïde/hardcore était fort mal adapté aux attentes du public. Et comme au temps des jeux du cirque, c'est la foule qui a le droit de vie ou de mort, et pour DJ Torgull, ce fut inévitablement le second choix... Au bout de quelques minutes 11 000 doigts d'honneur se sont tournés vers le DJ, qui s'est ainsi vu débrancher à l'arrache ses platines par le Rammstein crew. Tout le monde est averti, ce soir, il n'y aura pas de rescapé, il faut être victorieux ou périr. S'ensuit une très longue attente. C'est l'été,et le soleil se couche très tard, or, le groupe attend la nuit pour l'enregistrement du DVD. Le public s'occupe comme il peut. Quelques-uns font la ola alors que d'autres s'agitent bruyamment en faisant trembler les fondations de leurs pieds. Un coup d'oeil autour de moi et je me rends compte que la foule est bien plus hétéroclite que lors de tous les concerts de Rammstein que j'ai pu faire. Certains sont venus en famille, d'autres seuls, et la moyenne d'âge est indéfinissable, allant de 12 ans à plus de 60 ans. Il en résulte donc une ambiance bon enfant, à des années-lumière des sonorités bruyantes délivrées par le sextet.

Lâchez les fauves !

A 21 h 45, le rideau noir se lève et les musiciens entament "Reise Reise" devant un public émerveillé. Une lumière provient ensuite du centre de la machine gigantesque installée à l'arrière. Une porte s'ouvre et Till apparaît, écartant les bras et s'avançant avec une démarche à la fois messianique et autoritaire. Le chanteur prêche de sa voix grave et s'impose en vrai leader. Flake termine le titre par son accordéon métallique pendant que Till retourne à l'intérieur du char de guerre futuriste. Des claquements de bottes assourdissants retentissent alors dans l'enceinte. Les premières notes de "Links 2 3 4" et dans la fosse, c'est l'émeute. Un monobloc saute au rythme des accords saturés alors que le public des gradins se lève, respectueux, restant ainsi debout pendant la totalité du show. Des tirs d'artillerie lourde résonnent alors, Nîmes est assiégé. Cette fois c'est fait, les premiers explosifs sont lâchés. Les sirènes de l'intro de "Feuer frei"! maintiennent l'état d'alerte pendant qu'un triple chalumeau enflamme les airs en faisant monter la température. Le set est bien rôdé, mais ceux qui se sont fait déjà dépuceler commencent à s'inquiéter de revivre encore et toujours le même show. La puissance visuelle d'"Asche zu Asche" arrivera bien vite pour faire taire les plus blasés. Un gargantuesque nuage de fumée rouge emplit l'air des arènes, recréant ainsi les cendres évoquées dans les paroles. La densité est si compacte que la pierre de l'édifice revêt une incroyable couleur pourpre pendant tout le titre. Puis arrive "Los", l'étonnant morceau acoustique. Sauf que cette fois, le boeuf bluesy entre potes se transforme en ravageuse cavalcade métallique. Cette version-là doit probablement se rapprocher de l'énigmatique "Los(Plugged mix)" qui figure sur la tracklist du prochain single,"Benzin". Ce dernier est d'ailleurs embrayé dans la foulée. Le public attendait un retour aux sources, et il faut le dire sans plus attendre : on tombe ici en pleine période Sehnsucht. De sombres nappes de claviers habillent les couplets alors que des guitares incisives rappelant Herzeleid arrivent à la charge sur les refrains. Si Reise Reise (vol.2) est à l'image de ce "Benzin", le prochain Rammstein sera un très grand cru. Après un déluge de feu, de flammes et de sueur, "Amerika" vient clôturer une première partie de set avec son explosion de confettis bleus, blancs, rouges virevoltant au-dessus des 11 000 personnes. Deux rappels seront ensuite joués, concluant l'évènement par "Stripped" et son traditionnel lâché de zodiac sur la marée humaine.
Une fois les lumières rallumées, le public reste sonné, sans bouger. Tout le monde sait que c'est fini, mais chacun reste à sa place, au cas où. Les infatigables gladiateurs ont combattu presque deux heures en donnant le meilleur d'eux-mêmes, comme à chaque fois. D'après de nombreux fans présents, y compris les Allemands qui les ont vus une dizaine de fois, ce concert-là est décrit unanimement comme le meilleur de toute la carrière du groupe. ça nous promet un DVD explosif à ne pas mettre entre toutes les mains. Abri antiatomique recommandé.




Retour vers le haut de page
Rammstein Haus - Tous droits reservés