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Interview Till Lindemann et Paul Landers

COLOURS OF FIRE

Quelques mois seulement après "Reise Reise", le groupe allemand remet ça : "Rosenrot". Moins épique, plus romantique, le nouveau Rammstein est si riche en promesses.

C'est bien connu, les Allemands sont de grands déconneurs... Pour nous faire découvrir le nouveau disque de Rammstein, la maison de disques du sextet berlinois n'a pas trouvé meilleure idée que de nous faire visiter Paris, dans un bus à impériale anglais, aux couleurs de "Rosenrot" (littéralement : "rose rouge").

EN ROUGE ET ROSE

Nous sommes le 5 décembre, le rendez-vous est fixé à 9h30, place de la Bastille. Nous montons au premier étage d'un bus où se rassemble, par vagues successives, la presse européenne. Muni d'un casque individuel et d'un lecteur MP3 qui contient l'intégrale du nouvel album, à l'exception de deux titres non terminés, nous parcourons donc la capitale au son de "Rosenrot".
Ça donne "Benzin" à la République, "Spring" sur les Grands Boulevards, "Rosenrot" (le titre) à l'Opéra, "Zerstören" ("Détruire") à la Madeleine, "Mann Gegen Mann" ("L'homme contre lui-même") à la Concorde, "Feuer & Wasser" (le feu et l'eau) sur les Champs Elysées, et ainsi de suite... Curieusement, la première surprise est pour des touristes germains, dont le car s'arrête un instant devant le nôtre, tout ébahi de voir ici un véhicule aux couleurs de leur plus grand groupe en activité.
C'est vrai que, sur les flancs et le devant du bus, figure le visuel du cinquième album de Rammstein qui a de quoi impressionner : on y voit, siglé du fameux logo en croix, un brise-glace en pleine action, tel un imposant symbole de puissance.

"On aime bien l'esthétique de ce type d'embarcation. C'est avec ce genre de bateau que l'on voyage loin, vers des contrées peu visitées. On peut y voir un rapport avec notre musique, mais on préfère que chacun se fasse sa propre idée", nous avoue, quelques instant plus tard, Till, le fin parolier et frontman émérite du groupe.

La conversation est agréable, bien que minutée à l'allemande.
Au préalable, nous sommes cordialement invités à nous (re)plonger dans "Rosenrot" avec une dernière séance d'écoute à l'intérieur du Batofar, cette jolie péniche amarrée vers la grande Bibliothèque Nationale. Finalement, c'est cet endroit, après une bonne heure immergée dans le redoutable cinquième CD des Berlinois, aux rythmes cabossés d'un bus aux suspensions bien fatiguées, que nous avons l'immense chance de tailler la bavette avec Paul, guitariste, puis avec Till.

REISE REISE 2

Une première question nous brûle les lèvres : pourquoi enchaîner deux disques aussi rapidement? C'est assez rare dans les grands groupes comme le vôtre...

"Nous avions tellement de bonnes chansons pour "Reise Reise" que nous ne savions pas celles qu'on devait laisser de côté", explique simplement Paul qui mentionne également que le groupe n'a pas fait l'économie d'une seconde session de studio, histoire de compléter ce qui a failli se nommer "Reise Reise Volume 2" : "On a préféré retourner en studio à Berlin et on a fait quatre ou cinq chansons supplémentaires pour que l'album soit complet. Pour qu'on n'ait aucun regret".

Les six n'ont pas à en avoir tant "Rosenrot" est dense, tant il montre un groupe lucide, en face de sa réalité, celle de six musiciens tous différents les uns des autres, prolifiques et concentrés pour Rammstein, leur réussite artistique.

"On a tous nos personnalités. Elle se sont affirmées petit à petit, à l'intérieur du groupe. Maintenant, on a appris à prendre ça en considération et toute notre démarche consiste a se laisser une certaine liberté pour bien fonctionner à six" analyse Paul, très fier de présenter un disque qui contient autant d'hymnes et futurs classiques ("Benzin", en premier single imparable, "Wo Bist Du" - "Qui es-tu?" et "Rosenrot" et ses riffs qu'on croirait être piqués aux White Stripes) que de nouveautés (notamment avec le cuivré "Te quiero puta" chanté en espagnol, Ennio Morricone meets Metallica au pays de Kraftwerk).

Décidément, pour ses dix ans, Rammstein en impose encore.
On vous en dit bien plus, dès le mois prochain.

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