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Concert de Bercy du 11 février 2005

Rock Hard de mars 2005 n°42

Rammstein - Apocalyptica. Le 11 février à Paris ( P.O.P.Bercy)
par Morgan Rivalin.


Un peu plus de trois années se sont écoulées depuis le dernier concert parisien de Rammstein, et une chose est sûre : la popularité des Allemands est montée en flèche au cours de cette parenthèse.Du Zénith plein comme un oeuf de la tournée Mutter, les six musiciens déménagent aujourd'hui vers un POPB complet depuis de longs mois. Ce sont en tout plus de 40 000 spectateurs qui auront assisté aux quatre shows du combo en terre française.Avec une demande de surcroît,
largement supérieure à l'offre, il est évident que Rammstein évolue désormais ici en terrain conquis. Ce franc succès s'accompagne d'une représentation générationnelle très large au sein du public,où l'on côtoie aussi bien kids que bikers quadragénaires.

Public qui accueille les quatre violoncellistes d'Apocalyptica sous les vivats. Accompagnés en concert d'un batteur plutôt charismatique, leurs violoncelles entre les cuisses, les Finlandais headbangent comme des furieux. Fidèles à leurs origines, ils nous livrent une ribambelle de reprises de Metallica, sans toutefois citer une seule fois le nom du groupe de Frisco. "Master of Puppets ", "Seek and destroy " et "Enter sandman" sont ainsi acclamés et repris en choeur dans une ambiance de gigantesque karaoké metal. Bien qu'il affiche ici des vertus exotiques, Apocalyptica n'en reste pas moins une formation anecdotique lorsqu'il s'attaque à ses propres compositions. La version française de "Quutamo ", murmurée sans grande conviction par Manu, la chanteuse du groupe Rock dolly, en est un bon exemple. Chouette apéritif malgré tout...

On le sait, Rammstein aime à défendre son dernier rejeton sur scène.
C'est ainsi que sur cette partie de la tournée,tout comme sur la précédente,la setlist des Allemands est franchement axée autour de Reise Reise (seuls "Dalai Lama" et "Amour" ne sont plus joués). En dépit d'une version un tantinet poussive du morceau éponyme servie en entrée, le set du combo s'avère une nouvelle fois très enthousiasmant. Comme pour oublier les déconvenues de 2001, le voilà qui nous sort le grand jeu en matière de pyrotechnie : explosions à gogo, lance-flammes hallucinants sur " Feuer frei ", sans oublier le passage hilarant où Till fait rôtir Flake, éternel souffre douleur, dans la marmite de "Mein Teil" etc... Sur le plan musical, les forces vives du groupe teuton
répondent toujours à l'appel. Till Lindemann, et ce malgré un début de concert un peu difficile, reste ce frontman ultra-charismatique à la délicieuse voix d'ours mal léché, et c'est avec le plus grand des plaisirs qu'on le voit scander un "Amerika" triomphal aux allures de classique. Les rappels font rougir une dernière fois nos joues et les chevelus d'Apocalyptica pointent à nouveau le bout de leur nez afin de remplacer les orchestrations pré-enregistrées habituellement servies sur "Ohne dich" et " Mein Herz brennt", qu'on prend grand plaisir à retrouver. La fête s'achève sur la reprise de " Stripped" de Dépêche Mode, le temps pour le bassiste Oliver Riedel d'enfourcher un zodiac et de le diriger de main de maître sur la houle de Bercy. Bien que la soirée ait été sertie de nombreux moments forts, on peut tout de même se demander si deux titres de Reise Reise n'auraient pas pu faire place à une paire de classiques extraits de Herzeleid et Sehnsucht,un peu délaissés ... Gageons que ce sera pour la prochaine fois. Et réjouissons-nous déjà que Rammstein nous permette de vivre, de temps en temps, ces concerts si peu ordinaires qui font chaud au coeur, et au corps.

Setlist : Reise Reise. Links 234. Keine Lust. Feuer frei. Rein Raus. Morgenstern. Mein Teil. Los. Stein um Stein. Moskau. Du riechst so gut. Du hast. Sehnsucht. Amerika.
Rappels 1 : Rammstein. Sonne. Ich will.
Rapels 2: Ohne dich (avec Apocalyptica). Mein Herz brennt (avec Apocalyptica). Stripped.

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