Rammstein Haus - Fansite Rammstein
 

Concert de Lille le 11 février 2005


Les feux d'artifice scéniques du groupe Rammstein

Article publié le 11 Février 2005
Ecrit par Stéphane Davet pour Le Monde



A Lille, un concert spectaculaire de la formation de Heavy Metal allemande.


Comme décor de sa nouvelle tournée, appuyant la sortie de son quatrième album Reise, Reise (Voyage, voyage), Rammstein espérait mettre en scène un avion accidenté. Des problèmes logistiques n'ont finalement pas pu faire aboutir cette charmante idée.

Au Zénith de Lille, que ce groupe allemand a rempli les 9 et 10 février, le rideau s'ouvre sur la reproduction massive d'une centrale électrique qu'on dirait empruntée au Metropolis de Fritz Lang.Au sommet de cette machinerie : un guitariste et un clavier en culotte de peau tyrolienne,un second guitariste en redingote gothique,un bassiste chauve aux airs de zombie,un batteur en bas résille et un colosse harnaché de cuir en guise de chanteur.

Dans cet art de l'exagération sonore,émotionnelle et vestimentaire que constitue le Heavy Metal,ces Berlinois,grandis à l'Est jusqu'à la chute du Mur,se sont taillés une place à part. Quand certains misent sur l'hypertrophie sexiste,morbide ou crasseuse,Rammstein cultive ses distorsions titanesques au sein d'une robotique proche du "rock industriel" et d'une pompe martiale appuyée par le lyrisme guttural de la langue de Goethe.

En 1997, le cinéaste David Lynch révélait cette violence au grand public en empruntant deux titres de Rammstein pour la bande originale du film Lost Highway. Depuis la popularité du groupe n'a cessé de croître, grâce surtout à des concerts spectaculaires,dans la tradition d'un rock théâtral cher à des anciens groupes comme Kiss et Alice Cooper, ou à des adeptes contemporains de la décadence comme Nine Inch Nails ou Marilyn Manson.

A Lille, les Allemands prouvent une fois de plus que l'efficacité de leur formule est décuplée par la pyrotechnie.A chaque déflagration sonique sa gerbe de flammes, à chaque salve de guitare son feu d'artifice. Les musiciens et leurs ingénieurs ne cessent d'inventer des machines infernales comme ces masques lance-flammes ou cet arc en feu de Bengale. Multipliant l'impact physique des chansons, ces artefacts en nourrissent parfois l'ambiguïté.

Car ces électeurs de gauche proclamés, condamnant l'impérialisme américain dans un morceau comme "Amerika", jouent aussi avec des fascinations plus malsaines quand ils introduisent, par exemple, un morceau par des bruits de bottes, ou illustrent un clip (leur reprise de "Stripped" de Dépêche Mode) d'images de Leni Riefenstahl.

Heureusement, l'autodérision pointe aussi son nez au milieu de ces charges de Panzer, baptisées parfois "Amour" ou "Dalaï Lama". Quand, par exemple, le clavier se met à se frapper cuisses et talons comme dans une fête bavaroise, avant de se faire rôtir dans une marmite de grand guignol,lors de "Mein Teil", morceau contant l'histoire (vraie) d'un cannibale allemand qui demandait à des candidats au suicide l'autorisation de les manger.



Retour vers le haut de page
Rammstein Haus - Tous droits reservés