Interviews de Richard Kruspe-Bernstein et Oliver Riedel
Interviews de Richard Kruspe- Bernstein et Oliver Riedel donnés sur MCM chaque jour au JDM entre le 7/2 et le 11/2/2005
Richard :
Ce n'est pas très courant pour un groupe qui chante allemand d'avoir du succès à l'étranger, mais je sais qu'on a toujours eu un bon feeling avec la France. Je sais que les Français aiment ce qui est unique, et je pense que c'est pour ça que ça fontionne avec nous.
Oliver :
Lorsqu'on a commencé à faire de la musique, à aucun moment on a pensé qu'on pouvait avoir du succès en dehors de l'Allemagne. La France est le premier pays ou l'on a essayé de s'exporter. Pour nous notre succès en France a une signification particulière, au niveau du passé difficile qu'il existe entre ces deux pays, on est très fier d'avoir été acceptés ici. Comme l'anglais est, qu'on le veuille ou non la langue dominante de la musique, on s'est fait un point d'honneur pour réussir tout en chantant en allemand.
Richard :
L'allemand est une langue riche et difficile, ce n'est pas facile de la faire chanter, mais pour des raisons que j'ignore, on y est arrivé, on est plutôt chanceux. Nos premières années ont été un peu difficiles, précisément parce que mon rôle a été d'imposer Rammstein comme un ensemble de six individus. Je n'aurais jamais pu rester dans un groupe où il n'y en aurait eu que pour le chanteur. Till notre chanteur n'aime pas trop les interviews, on lui a dit " OK! tu n'es pas obligé de le faire » ; de toute façon on est tous très impliqués à part égale dans l'écriture et l'enregistrement.
Oliver :
Till pense que tout est dit dans ces textes et il n'aime pas avoir à les expliquer.
Richard :
On a vraiment une part obscure en nous, sinon on ne serait pas capable de créer ce son là, ce type de paroles et de faire de telles choses. Mais vous pouvez aussi voir que Rammstein a un certain sens de l'humour, mais c'est quelque chose que les gens n'imaginent pas forcément chez un groupe allemand.On essaie à chaque fois de créer un show différent, mais on conserve quelques éléments comme le feu, certains éclairages ou la scène, en dehors de on change le reste. Sur la nouvelle tournée, le grand changement c'est que les éclairages prennent plus d'importance, on a pensé que ça serait une bonne idée de faire sortir les lumières du sol et de les diriger vers le haut, alors qu'habituellement l'éclairage vient d'en haut.
Oliver :
On a une très grande scène en acier avec une sorte de bunker à chaque extrémité.
Richard :
Cette fois-ci, on a mis les membres du groupe plus sur le devant de la scène, le batteur lui est perché sur une grande estrade. Les concerts de Nine Inch Nails, sont les premiers où je me suis dit "waouh il se passe vraiment quelque chose de spécial", le truc drôle, c'est que Roye Benett ,le mec qui faisait leurs éclairages et qu'on ne connaissait pas à l'époque, travaille aujourd'hui sur notre tournée.
Oliver :
Roye Benett s'est occupé du show de Marilyn Manson, Nine Inch Nail bien sûr, mais aussi de Madonna.
Richard :
Le marché américain est un marché puissant qui a énormément d'influence sur l'Europe. Alors, on se devait de tenter l'expérience aux Etats-Unis,d'avoir du succès là-bas, et ensuite, de revenir plus fort pour s'attaquer à l'Europe.
Oliver :
Pour nous, bien sûr, c'était le meilleur moyen de remporter un succès mondial. Dès le début, on s'est rendu compte qu'on était respectés là-bas ; dès la première fois qu'on a joué à New-York.
A aucun moment, on avait pensé qu'on pouvait rencontrer du succès en-dehors de l'Europe. Quand on a vu que ça marchait aux States, ça nous a encouragés à aller ailleurs. Mais les Américains ne jouent plus ce rôle pour nous.
Richard :
Tu sais, quand tu joues des mois et des mois en Europe et qu'ensuite tu dois te rendre aux Etats-Unis, ça prend vraiment un temps énorme. Et on n'est plus aussi jeunes qu'à nos débuts...
Faire une tournée n'est pas toujours une partie de plaisir, surtout aux Etats-Unis. C'est épuisant parce que là -bas chaque jour ressemble au précédent. En Europe, tu joues à un endroit et le lendemain tu passes dans un autre pays. C'est plus intéressant.
Richard :
On est arrivés à un stade aujourd'hui où de plus en plus d'ados s'intéressent au groupe. Quand tu passes à la télé et à la radio, qu'on diffuse davantage tes clips, évidemment ça touche davantage les jeunes qui sont devant leur télé.
Oliver :
En Allemagne, notre public est globalement plus âgé. Mais c'est parce qu'on y est populaires depuis plus longtemps. Peut-être qu'en France les ados essaient de se démarquer des adultes en s'identifiant à un groupe allemand en premier...
Richard :
Généralement, on invite des fans à nos fêtes après les concerts.
Moi ce que je fais sur scène, c'est que j'essaie de fixer quelqu'un dans le public et je le suis pendant tout le concert.
Il y a deux ans, à Barcelone, j'ai remarqué une espèce d'alien dans le
public. Je pouvais à peine jouer, j'étais terrorisé. Il n'avait pas l'air humain.
Il avait l'air de venir d'une autre planète. Bien sûr, c'était un mec déguisé.
Mais il avait mis quelque chose sur son visage avec du métal. Il était déchiqueté de partout. Il était sanguinolent.