Rammstein Haus - Fansite Rammstein
 

Interview de Till Lindemann et Oliver Riedel

Interview de Till Lindemann et Oliver Riedel, réalisée le 5 septembre 2005 par Philippe Lageat et Olivier Rouhet pour Rock hard N°48 Octobre 2005.

RAMMSTEIN

AU FEU,LES POMPIERS


Paris, lundi 5 septembre,9h 30 du matin. Un «double decker» (ndlr : un bus rouge anglais à deux étages ) sagement garé attend nonchalamment un bataillon de journalistes européens face l’Opéra Bastille. Rammstein est en promo pour trois jours dans la capitale française afin d’y assurer la promotion de son nouvel album, Rosenrot, et cela se voit. Quelques minutes plus tard, notre petit contingent est convié à une excursion matinale d’une heure environ : notre itinéraire passe par la Place de la Concorde, les Champs Elysées (où se côtoient, tout un symbole, le folklorique Lido, ses «petites femmes de Parisse», et la devanture imposante du tout puissant Mercedes Benz), la Tour Eiffel, l’Assemblée Nationale, Notre Dame et Bercy… Mais nous ne sommes pas uniquement là pour jouer les touristes puisque chacun d’entre nous s’est vu remettre, à Bastille, un lecteur MP3 numéroté et soigneusement scellé renfermant neuf titres de Rosenrot, sur un total de dix ou onze. A 11h, nous parvenons enfin à destination : le Batofar, une péniche mouillée en bord de Seine, dans laquelle ont parfois lieu des concerts. C’est là que le commandement Rammstein a établi ses quartiers d’été. C’est là qu’il recevra, trois jours durant, des médias venus de toute l’Europe. Autant dire que le Mercury France, duquel dépend la bonne marche de la promotion, est sur les dents, pourchassé par une délégation allemande pour le moins exigeante et pointilleuse. Finie l’ère XIII Bis (Ndlr : le précédent label français du groupe, chez qui sont sortis ses deux premiers albums, Herzeleid et Sehnsucht) et ses approximations bon enfant, finies les sessions-photos (aujourd’hui, Rammstein, soucieux de contrôler son image, «conseille» vivement aux mags intéressés d’utiliser les clichés qu’il leur fournit), bienvenue dans le «star system». Avec protection rapprochée et tout le barnum de circonstance.
Le lot des grands groupes, nous direz-vous, rien de bien extraordinaire. Pas faux, sauf que Rammstein, nous,on est fans. Notre équipe fût d’ailleurs la première en France à accorder une couverture au combo, fin 1997, il y a quasiment huit ans déjà. Ce qui nous valut, précision inutile, des sacs de courrier aussi injurieux qu’incendiaires. Aujourd’hui, Rammstein a fait son trou et est devenu ENORME. Avec tout ce que cela implique. Déjà, cette année, ses concerts aux allures de grand-messe, s’ils furent excellents, ont vu le groupe piétiner en termes de créativité : car hormis Flake brûlé vif dans sa marmite durant « Mein Teil », la prod’ avait beau être monstrueuse et le spectacle au rendez-vous, il n’y avait là rien de bien nouveau par rapport à ce qui fût proposé sur les trois tournées précédentes. Et que penser de ce nouvel album, Rosenrot, débarquant ainsi sans prévenir, comme un prématuré pas vraiment attendu ?


Bref, au moment d’interwiever Till Lindemannn et Oliver Riedel – Paul Landers et Christoph Schneider sont également présents, mais répondent à d’autres mags -, plusieurs questions nous taraudent… car nous sommes inquiets.
Nous commençons d’ailleurs par prendre des nouvelles du groupe, qui a récemment annulé des dates en Asie et en Amérique du sud.
Oliver : Till s'est blessé au genou lors du concert de Göteborg lors d'une collision avec Flake, d'où une annulation des dates asiatiques. Puis Flake a chopé une maladie enfantine. Il est actuellement cloué sur un lit d'hôpital avec les oreillons. Pas vraiment dramatique, mais il ne pouvait plus entendre que d'une oreille, ce qui était plutôt embêtant. Nous avons donc dû repousser les dates sud-américaines. Rien de grave...

Plus grave est la relative «faiblesse» du nouvel album, Rosenrot, disque moins percutant que les quatre autres. Comme si Rammstein se contentait aujourd’hui de faire du réchauffé (il y a néanmoins des exceptions comme «Te quiero puta» ou «Mann gegen Mann») et de suivre à la lettre les recettes qui ont fait son succès. Pourquoi le combo a-t-il voulu sortir un disque à retravailler des fonds de tiroir, ce qu’il aurait jadis considéré comme de simples faces B
(« Benzin »,par exemple)?

N’aurait-il pas été plus judicieux de ne sortir qu’un E.P. renfermant moins de titres, mais plus percutant, voire carrément d’attendre un ou deux ans? N’est-ce pas là avoir péché par précipitation?
Oliver : Durant l'élaboration de Mutter, des tensions opposant les membres du groupe ont vu le jour, mais Reise Reise nous a permis de nous retrouver et de travailler tous ensemble de façon harmonieuse. Nous avons enregistré beaucoup de titres à ce moment-là, car nous savions déjà que nous allions publier un deuxième album dans la foulée. Pourquoi les sortir si vite? Parce que nous étions d'avis que si nous conservions ces chansons trop longtemps, dans un coffre-fort, elles auraient fini par être périmées quand nous les aurions ressorties. Si nous n'avions pas publié ces titres cette année, il nous aurait peut-être fallu attendre deux ou trois ans pour nous repencher sur ces derniers, et le feeling n'aurait plus été présent.
Till : Nous avons cherché à expérimenter en rapprochant les dates de sortie des deux albums. Rammstein a vu le jour il y a environ dix ans, et je dois admettre que, petit à petit, une certaine distance s'est installée entre nous. Au point qu'une rumeur persistante a même annoncé le split du groupe. Or, a jamais été question, même s'il est vrai que nous avons désormais besoin de prendre régulièrement nos distances les uns des autres, d'où ce break qui s'annonce. Mais nous ne voulions pas pour autant délaisser notre public et le laisser se morfondre pendant cette longue pause de deux/trois ans. Nous avons donc décidé de travailler encore intensément pendant trois mois, en piochant dans les subsides des sessions Reise Reise. Pour moi, ce dernier et Rosenrot sont nés d'un même moule. Nous tenions simplement à retravailler ces idées, ces fragments, qui étaient déjà présents lors de l'enregistrement du précédent album, mais aussi à composer de nouvelles chansons. Tout cela a été fait de façon très rigoureuse, très disciplinée, très intense. Ce disque est très spécial pour nous, mais touche aussi notre affectif car, en dépit du peu de temps que nous avons eu pour en venir à bout, nous sommes parvenus à en faire quelque chose de très bien. Il y a, sur cet album, beaucoup d'éléments pop et metal qui proviennent d'anciens titres, mais aussi pas mal de ballades. C'est un opus multi-facettes.
Oliver : Pour Rosenrot, nous avons donc pioché six morceaux qui subsistaient de sessions de Reise Reise, auxquels nous avons ajouté quatre ou cinq nouvelles compos récemment enregistrées à Berlin en l'espace de trois mois. Jamais auparavant nous n'avions travaillé si vite. Et je dois avouer que nous étions un peu dubitatifs : en serions-nous capables? Les idées allaient-elles surgir aussi rapidement? Mais je pense que nous y sommes parvenus.

Justement,le fait d’enregistrer à Berlin, et non à l’étranger,comme d’habitude, qui plus est dans un laps de temps court, n’a-t-il pas mis, sur les épaules des musiciens, une pression aussi accrue qu’inutile?
Oliver : Si,absolument!! C'est la première fois que nous enregistrions à Berlin, à domicile, et je ne suis pas persuadé, avec le recul, qu'il se soit agi d'une bonne idée. Nos familles habitant à proximité, nous pouvions avoir tendance à regarder nos montres dès que nous avions une pause : "qu'est-ce que je fais? Est-ce que j'en profite pour aller faire un tour à la maison? ".Résultat, nous étions forcément moins concentrés et il nous était quasiment impossible d'être là à 100%.
Till : Plus de pression? Oui et non. D'ordinaire, nous aimons bosser dans une ambiance relax et détendue, ce qui a été le cas pour l'enregistrement de Reise Reise en Espagne. A Berlin, il en a été tout autrement, puisque nous avons travaillé 12 à 14 heures par jour. Et nous avons effectivement ressenti des pressions de temps. Il s'est agi d'un processus de création assez intense, ce qui explique que cet album soit assez spécial et sorte de l'ordinaire. Je ne dirais pas que je suis fier de ce disque - ce serait peut-être un peu trop -, mais j'en suis néanmoins très satisfait.

N’empêche, on continue à s’interroger : des bruits de couloir ont laissé entendre qu’à l’international, chez Mercury, des «décideurs» avaient été pour le moins surpris de ne pas voir apparaître certains titres (dont ils avaient écouté les démos) sur Reise Reise. Considérant cela, la major du disque aurait-elle exercé des pressions sur le groupe pour qu’il se hâte de sortir des compos restées en rade, dont elle pensait qu’elles avaient un gros potentiel? Histoire de capitaliser rapidement sur le succès auréolé de platine de Reise Reise. La réponse fuse, tranchante :
Oliver : Non! Cette initiative est nôtre, car nous ne tenions pas à voir pourrir ces chansons inutilisées que nous jugions bonnes. Pour Reise Reise, nous disposions de 18 titres, or nos albums en enferment habituellement 11. Il n'a donc pas été si facile que cela d'établir le track-listing de ce premier volet, car nous n'avions pas vraiment de préférences. Il nous a fallu porter notre dévolu sur des titres qui allaient bien ensemble, en laisser d'autres de côté. On ne s'est pas dit qu'on allait choisir les meilleures chansons, c'est juste qu'on a rassemblé celles qui pouvaient le mieux coller à ce concept de " Voyage,Voyage".
C'est particulièrement évident avec des titres comme "Amerika", « Moskau », « Reise,Reise »
ou encore "Dalai Lama". Ce choix s'est toutefois avéré délicat car nous avons dû,
volontairement, laisser de côté certains titres que nous trouvions excellents. D'où cette idée de publier rapidement un second tome. Maintenant, il existe peut-être des différences de son entre les titres enregistrés en Espagne et ceux mis en boîte à Berlin, mais cela ne nous semble pas important. Pour moi,cela ne nuit pas à l'homogénéité du disque.

Comme si ce deuxième disque en deux ans ne suffisait pas, Rammstein sortira un DVD avant la fin de l’année, le troisième depuis 1999. Besoin d’argent de poche avant les vacances? Ne risque-t-on pas le ras-le-bol, l’overdose, en proposant ainsi deux albums et un DVD en à peine un an?
Oliver : (pensif) Hum, c'est possible,en effet... Nous avons filmé de nombreux concerts que nous avons donnés sur des festivals européens. Une équipe nous suivait en permanence sur ces dates. Nous en avons profité pour mettre en boîte certaines de nos prestations, en Angleterre, en France, à Moscou... Vous retrouverez des extraits de ces différents concerts sur ce prochain DVD qui devrait sortir courant novembre...

On l’aura compris, les Rammstein sont au bout du rouleau. Mais il semblerait que cette fatigue extrême ne soit pas seulement d’ordre physique. Certes, ces derniers temps, ils alignent les albums et les concerts, mais on se souvient des tensions nées durant la gestation de Mutter. Comment ne pas penser, un instant, que la machine Rammstein n’a pas éreinté l’amitié qui liait les membres du groupe, au point que ces derniers ressentent le besoin ponctuel de ne plus se voir? Ont-ils appris à gérer leurs frictions pour mieux repartir?
Oliver : C'est vrai, je l'admets, nous sommes lessivés, au bout du rouleau. C'est la raison pour laquelle nous envisageons cette pause prolongée… Durant l'ère Mutter, nous avons effectivement été confrontés à des problèmes d'ordre personnel, et il nous a fallu prendre nos distances les uns par rapport aux autres. Puis nous nous sommes rapprochés et avons géré les conflits qui nous opposaient. Aujourd'hui, l'ambiance au sein du groupe est excellente, mais nous tenons à faire cette pause pour nous reposer physiquement. En théorie, nous envisageons une pause de près d'un an. Mais, qui sait, peut-être nous réunirons-nous avant pour répéter si l'envie s'en fait sentir. Et il est dores et déjà prévu que nous nous retrouvions pour tourner deux ou trois clips qui devraient illustrer les prochains singles de l'album. Pour résumer, ces trois jours de promo, quelques clips et basta. J'adore le surf et je pense faire le tour des plages avec mon petit van, histoire de voir du pays. Est-il encore possible que nous partions en vacances ensemble?(sourire). Non, je ne pense pas ... Deux/trois d'entre nous, oui, mais pas les autres.

Certains musiciens aiment à dire que leurs albums sont comme leurs enfants. Pourtant Rammstein ne semble pas prêt à défendre Rosenrot corps et âme, puisqu’il ne prévoit pas de tourner pour le promouvoir. Doit-on en déduire qu’il considère ce nouvel opus comme un disque au rabais? Till botte direct en touche :
Till : Pour moi,les musiciens qui considèrent leurs disques ou leurs chansons comme leurs enfants sont des imbéciles. Un enfant, ça sort de toi génétiquement, c'est le fruit de tes gènes, ta chair, ton sang. Un disque, c'est davantage le reflet de l'âme, quelque chose de mental avec lequel on s'expose. On puise ses sources d'inspiration dans son environnement, ce qu'on observe autour de soi, à l'instar du titre "Mein Teil ", directement inspiré d'un fait divers, d'une histoire de cannibale ayant fait la une des quotidiens partout dans le monde. Mais attention, personne n'a dit que nous ne donnerions pas de concerts pour défendre ce disque : après le break qui s'annonce,nous allons écrire et enregistrer un nouvel album et il est évident que, sur notre prochaine tournée, nous jouerons au moins un ou deux titres de Rosenrot.
Oliver : Il n'est pas prévu que nous tournions pour promouvoir Rosenrot, aux States ou ailleurs. Ce nouveau disque est, pour nous, une sorte d'édition spéciale. Nous ne devrions rien faire de plus que ces trois jours de promotion prévus à Paris. Nous avons prévu de nous octroyer quelques mois de vacances, puis de nous retrouver pour penser au prochain album avant d'entrer en studio. Nous ne devrions pas donner de concerts avant deux ou trois ans.
Pourquoi n'avons-nous pas tourné aux States pour promouvoir Reise ,Reise? C'est essentiellement une question de coût. Déplacer toute notre production n'est pas une mince affaire. Si, au final, c'est pour jouer dans des clubs, devant 1000 ou 2000 personnes, nous ne rentrons pas dans nos frais. C'est dépenser beaucoup d'énergie, faire beaucoup d'efforts, pour un résultat qui n'en vaut pas la peine. Nous rencontrons un grand succès en Europe, qui nous a réservé un accueil démentiel, et nous avons pris un immense plaisir à nous produire en Espagne, en France, par exemple. C'est la raison pour laquelle nous préférons concentrer tous nos efforts ici.

Un ou deux titres de Rosenrot joués sur la prochaine tournée… C’est dire si le groupe s’implique. Il semblerait plutôt que ce Reise Reise 2 soit mort-né. Et que dire du fait que Rammstein qui, dans un temps pas si éloigné, draguait à mort l’Oncle Sam, laisse aujourd’hui tomber sans broncher? car après tout, peut-on devenir un groupe-phare aujourd’hui en évitant sciemment les USA?
Oliver : Tout dépend de la définition qu'on donne au mot "mondial". Nous ne nous produisons pas aux States, certes, mais nous n'allons pas non plus jouer en Chine, un pays immense qui fait
pourtant partie du monde au même titre que les USA et qui est bien plus peuplé. Non, encore une fois, nous sommes très satisfaits du succès que nous rencontrons en Europe, et c'est la raison pour laquelle cette dernière demeure notre priorité. Bien sûr, on peut toujours faire plus et mieux, mais d'un autre côté, nos réserves d'énergie ne sont pas infinies. Nous ne tenons pas à nous cramer en nous dispersant et en voulant trop en faire. Je pense qu'il ne serait pas judicieux de donner des concerts aux quatre coins du monde et de nous séparer au bout de deux ans parce que nous sommes cramés et que nous ne pouvons plus nous voir en peinture.

Nous y voilà! Le groupe a peur de ne plus avoir envie,de partir en fumée pour en avoir trop fait.
Comme si le clip de «Keine Lust», dans lequel les musiciens sont devenus obèses, à la Elvis, qui n’ont «plus envie», avait servi à exorciser des démons intérieurs,des craintes aussi. Riedel, pas convaincu, dément, contrairement à ce que son batteur, Christoph Schneider avait pourtant déclaré récemmment.

Oliver : "Keine Lust" n'est qu'une chanson, rien de plus, qui explique qu'à un moment donné, on peut ne plus avoir envie. Il ne s'agit pas, pour moi, d'une projection dans le futur.

Enfin, on s’étonnera de voir le groupe recycler la pochette du Reise, Reise japonais pour en faire celle du Rosenrot européen. N’est-ce pas là, à l’instar des photos de presse, souvent peu inspirées, une preuve supplémentaire illustrant à quel point le combo allemand, d’ordinaire si «à cheval» sur ses artworks, semble avoir bâclé (et bâcler encore) tout ce qui touche de près ou de loin à Rosenrot?
Oliver : L'album devant originellement s'appeler Reise Reise 2, nous avions, dans un premier temps, décidé de reprendre l'artwork du Reise Reise japonais qui, contrairement au pressage européen, ne montrait pas une boîte noire, mais un bateau coincé dans les glaces. Mais vu que nous avons finalement opté pour Rosenrot, nous nous sommes contentés de donner à ce bateau le nom de Rosenrot, qui a donc été rajouté sur la peinture qui ornait la pochette nipponne.

Mais arrêtons de nous plaindre, et revenons, en compagnie de Till, sur ses textes, souvent cryptés et abordant régulièrement des sujets «tabous» (l’homosexualité dans «Mann gegen Mann», nos instincts primaires dans «Zerstören»…)
Till : Les journalistes veulent toujours savoir quel est le sens profond de mes textes.
Personnellement, je trouve qu'il est bien plus intéressant que ces derniers fassent appel à l'imaginaire des auditeurs, que ces derniers les interprètent à leur manière. C'est pour cette raison que je ne souhaite pas soumettre mon point de vue : il serait alors remâché, aucune place ne serait laissée à l'imagination. Mais revenons à "Rosenrot" : il s'agit d'un mot très ancien. "Reise Reise", qui traitait de la vie des marins, se voulait également une référence au roman de Hermann Melville, Moby Dick. Nos refrains sont toujours composés de mots très simples, mais très forts, à l'instar de "Sehnsucht" ou "Du hast". «Rosenrot», c’est la couleur comme signe. Chez les frères Grimm, il s'agit d'une fille : dans la chanson, cette dernière laisse tomber une rose d'une falaise et demande à son amoureux d'aller la récupérer afin qu'il lui prouve son amour. Mais le malheureux tombe... et se tue.
Hors Rammstein, j'écris des recueils de poèmes. ça n'a rien à voir avec le fait d'écrire des paroles de chansons. Ça ne va pas sembler très sérieux, mais je le dis quand même. Ecrire un poème est
finalement assez simple : il suffit de boire quelques verres de vin et de laisser gambader son imagination (rires). Ecrire le texte d'une chanson est bien plus ardu : tes paroles doivent coller avec des strophes précises, un refrain,une métrique qui t'est imposée. Et il suffit qu'un guitariste me dise "attends, je vais encore placer trois notes par ici, il te faut donc trois mots supplémentaires!", et tout est à refaire... Il se peut alors que ces trois putains de mots me demandent trois mois de boulot. La poésie, c'est du plaisir pur, un texte de chanson, c'est un véritable boulot.

S’il est un titre qui se dégage de Rosenrot, c’est bien l’excellent «Te quiero puta», chanté en espagnol. Till aurait-il un faible pour la musique sud-américaine? La réponse peut surprendre :
Till : Pas que j'aime une chanson en particulier, ce sont ces rythmes popisants qui entrent directement dans le sang, auxquels ton corps ne peut pas résister, qui me plaisent. Ce que font des artistes comme Joaquim Sabena et Manu Chao est fantastique. Les autres aiment moins, mais récemment, en backstage, je leur faisais écouter du Sonata palacio, de la musique chilienne classique, avec des trompettes et tout le toutim. Et au fur et à mesure, j'ai fini par les rendre totalement accrocs... A quand une chanson en français??? Très bientôt, j'espère!(rires)



Retour vers le haut de page
Rammstein Haus - Tous droits reservés