Fantasme où le désir de possession exclusive est exacerbé jusqu'à la perversion , la cruauté, la folie.
Edgar Poe est présent dans l'inspiration : emmurer amoureusement la personne désirée.
Ses attentions sont horriblement délicates : l'intérieur sera obscur, aucune lumière ne pénétrera.
L'homme semble meurtri par la mobilité volatile de la femme aimée : "tu ne déménageras jamais plus" (Poe, encore), je vais te construire une maisonnette, un logis. Il faut la fixer dans l'immobilité du bois, du cercueil qui deviendra son logis à l'intérieur de son logis . En faire un "corps de bois", une marionnette de bois, rien qu'à soi.
Un logis à elle, qui sera son logis à lui, où ils resteront indéfiniment l'un près de l'autre.
Une fable épouvantable de vengeance. Oeil pour oeil dent pour dent. Elle va payer chaque larme qu'elle lui a fait verser. Chaque pierre scellée pour une larme versée : "Chaque pierre est une larme".
La cruauté est raffinée : sceller la vengeance "pierre par pierre".
L'enfermement : le cercueil, corps de bois, enfermé pierre par pierre dans la maisonnette, entourée d'un jardin où personne ne l'entendra crier.
La passion mène à la folie : " tu embelliras les fondations".
Une crucifixion , un martyre, aimer en faisant souffrir et en dégustant, goutte à goutte, cette souffrance infligée: "tous les clous sont droits quand je les enfonce dans ton corps de bois".
Il y a, dans cette chanson, des rappels du texte de "Klavier", où l'homme tentait de sceller une passion, un désir de possession rien que pour soi, de fixer l'instant où "elle" ne jouait que pour lui, en l'attachant au piano et en fermant la porte à clé. Mais la vengeance s'est perfectionnée depuis. Dans "Klavier", la famille est accourue. Ici, la maison sera entourée d'un jardin, le cri ne sera pas entendu. Le secret restera scellé définitivement : "et personne ne t'entendra crier"
D'après un membre du groupe, Till aurait écrit cette chanson en réponse à la demande en mariage d'une femme. Cette chanson serait alors une représentation grinçante du mariage à rapprocher de l'évocation qui est faite dans "Du hast"
Vampirella z